UNE CHUTE

chute

Toile Mar Thieriot

Éveil soudain à l’aube,
le corps endolori,
la tête confuse,
épuisée par les échos
des balles,
des bombes,
des morts dans la boue,
des affamés,
de ton ivresse vaine,
de l’enfer en boucles.

La chute d’Icare qui se perpétue,
ses ailes brisées,
qui traversent des siècles de déroute.
Parois de larmes…

Au seuil de la porte,
Un Minotaure inamovible:
la mort rôde.

Le crâne pris de vertige
dans le labyrinthe de Chartres,
Je me souviens d’embrassades et de silence,
Des sanglots qui tordent un corps insomniaque,
Affolé d’être sans être:
Sur le départ à l’arrivée.

Matin confus et sombre,
Le songe d’un ange envolé au coeur du vide,
échos des pertes qui se multiplient
La chute vertigineuse,
Le visage fermé d’Icare.

Au coeur du Labyrinthe,
Demeure, tenace
Le sourire de Chartres.

© Mar Thieriot in Née de la dernière pluie – Inédit
Janvier, 21 – 2017
Toile Mar Thieriot

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