ANGES par Mar Thieriot

Inspiration sur les notes de Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, 2018.

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La mue lente mais inexorable
Apporte la nuit et le froid
Les couleurs explosent
Avant de disparaitre

Ange au soleil huile sur toile Mar Thieriot Octobre 2018

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Toile: Ange du Soir par Mar Thieriot – Octobre 2018

Aurores nocturnes
Jour qui s’annonce calme
Comme l’œil du typhon
Pouvoir tenir au centre
Bravement
Malgré les évènements
Qui accumulent le poids et l’exigence
Pouvoir tenir en cela
Qui veille

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La paix fait son nid
Dans la paille de mes cheveux
Avancer en écoutant le tambour du coeur
Sa présence dans la précision d’une feuille qui vole
Vente et tourbillonne les miracles
Nature qui nous enfante à chaque seconde
Douce et forte
Comme un souverain
Nous couve de ses ailes.

Poème et toile Mar Thieriot inédit – droits réservés Octobre 2018

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SOMMEIL

J’imagine les ailes d’un ange immense
Qui nous couve d’une passion indicible
Se frayer un repos,
Ignorer l’angoisse insomniaque
Qui vient nous surprendre entre les draps moites de crainte
Le sommeil revenu par la grâce
Nous serons sauvés.

poème et toile Mar Thieriot inédit – droits réservés

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SEMEANDO ANJOS

Pintar um anjo
Para espantar a adversidade
Buscar uma energia tamanha
para ultrapassar o pavor
nos traços fortes ou suaves
anjo presente no deserto da cidade
Zelando a pesar da recusa
De amar ou deixar-se amar
Virtuoso
Compreensivo
Acolhedor
Ele perdoa
Fraquezas
Cansaço
Solidão
Desprezo
Ira, ressentimento, incompreensão
Incertezas e desconfianças

Feito de tinta, tela e sopro
Ele permanece
Maior e melhor do que eu
Perfeito
Seguro
Guia meus dedos
Para oferecer-vos a calma
Nos dias difíceis
O riso e a ternura esquecida
E conduzir vos
Na terra sem lugar
Onde nunca estive
Chamada liberdade.

Mar Thieriot Inédito – direitos reservados

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Huile sur toile: Michael

SEMEUSE D’ANGE

Peindre l’Ange
Pour conjurer le sort adverse

Puiser la force du dépassement dans les traits
Légers ou marqués
Présent dans le désert de la ville
Veilleur zélé face aux refus
Le refus d’aimer ou de se laisser aimer

Vertueux,
Il comprend
Il accepte
Il accueille
Il pardonne
La faiblesse
La fatigue
La solitude
Le mépris
La colère, le ressentiment, l’incompréhension,
L’incertitude et la méfiance.

Faits d’huile de toile et de souffle
Il dure
Plus grand et meilleur que moi
Parfait
Certain

Il guide mes doigts

Pour vous porter le calme
Aux mauvaises heures
Vous rendre la tendresse et le rire
Vous mener là où je ne suis pas
Et où il fait libre.

Mar Thieriot inédit droits réservés 4 Octobre 2018

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Toile: Ange Michaël par Mar Thieriot

C’est toi
Et c’est moi,
Qui traversons la nuit,
Toi qui maudit le jour,
Moi qui m’éveille en sueur
La nuit,
Je ne pleure pas comme elle,
Tu n’as pas son orgueil
De lourdes portes
S’ouvrent,
Grincent
Et dans la forge,
L’aurore fulgure et se tait.

Mar Thieriot in in notes pour Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018

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Le ciel aujourd’hui – huile sur toile par Mar Thieriot

CÈDE ENFIN AU CANAL ÉTOILÉ
LAISSE COULER SA LUMIÈRE

Mar Thieriot in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018

Heurtée par la beauté
du souvenir
d’un Magnolia
à peine éclos,
Fausta met un rose délicat
Sur sa palette,
Puis, se parfume

Sa passion :
l’odeur
de terre humide
après la pluie fraiche

Lavis de printemps
qui balaye
la forge
où un chant
égrène
le lieu de l’aube :

« Tu vis en nous plus surement qu’en toi seul
Là où tu es nous serons, tu nous ouvre le chemin » 1

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018
1Brault Jacques in Poèmes, Editions du Noroîtp.70, Québec, Canada, 2000

Huile sur toile Un ange dans le jardin par Mar Thieriot

Je sais
Je sais tout de toi
Sans que tu ne me dises rien
Intuition d’un fou ou d’un sage
D’un ange perdu
Fausta posait alors sur sa table
son premier écrit
dans la forge
Il y a de cela une éternité

Pourtant son coeur
A détraqué la machine

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018

Ange bleu par Mar Thieriot

Certaines plaies resteront là
ouvertes
Au soleil
Il y a des nuits plus belles que le matin
et d’où Fausta ne reviendra jamais
qui la happent comme la vérité
Une lampe obstinée
dans l’ombre
Ils vivent
Aujourd’hui
comme mille feux
dans le brouillard
Un manteau de crépuscule
colle à leur peau
leurs cernes de chouette
Les trahissent
oui
Elle se bat
pour continuer de tracer
UNE AUBE
Où l’ange
Inconsolable
Égaré dans les ténèbres
Se reconnaitra.
L’héritage des poètes
Des fauves

Des hommes et des femmes de pluie,
Veufs de tout espoir
Qui ont transpiré à la forge

c’est une rose
Vénitienne
sur des pavés usés
par trop de serments

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018
Ange de la nuit par Mar Thieriot

Malgré la conscience dégrisée
De ce matin là
Fausta croit pourtant encore
« À la plaine promise » 1

À une vérité différente

au point
du jour

Un matin neuf
Un matin vert d’eau
Un matin heureux
Un matin
Liquide
vénitien

Lucide mais sans amertume
Fausta tente de désencombrer l’enfer
Pour retrouver
Le ton de l’aurore

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018
1Jacques Brault in Poèmes, Ed. Du Noroît, Québec, 2000, p.28.
Huile sur toile Ange Michaël par Mar Thieriot

Son peuple de papier a posé les lances
Et porte l’arme à gauche
Il est insaisissable.
Son pas est léger
Son rire lumineux.
Il n’a pas de trait défini
Mais elle les reconnait toujours
Dans toutes les langues:
C’est un peuple à venir
Qui hante la mer
Qui peuple la forge
Qui survit dans les vieux grimoires
Qui respire en enfer
Un peuple à renaitre
ANIMA MUNDI

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018

Huile sur toile Ange du Jour par Mar Thieriot

 

Venise
Rare
Taillée
Survivante
Dure
comme le jade
Pérenne
Découvrir encore
le rire de Fausta et de l’ange
Un miracle
Qui les emporte
Sur son fil rouge
Loin des salles d’infernale souffrance.
fugue heureuse du labyrinthe
Découvrir en Italie

Le motif et la rose
La voix
Le geste
Le sens
La cendre lavée par la pluie
L’or qui miroite
Dans les flaques de brume

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018

Huile sur toile Ange au couchant par Mar Thieriot

La joie est une amie
Qu’ils appellent de leurs voeux
Sans trop y croire
Elle force la route pourtant,
Discrète et légère
Que la joie demeure
les appelle
leur revienne
Le calme silencieux de la pièce
Un stylo glisse rapidement
Et voilà Fausta balancée
Dans l’abîme lumineux et musical
Du sourd Beethoven

Un son clair berce leur labeur
De titans
De tisserands
Esclaves de l’écriture
Comme Pénélope délivrée lors de la nuit des nuits
C’est cela qu’elle fait lorsqu’elle ne lui écrit pas,
Et qu’elle entonne un chant bas auprès de lui
Dans les couloirs de la forge
Elle lui écrit encore :
« la foi se trouve peut être dans les hommes placés
Le plus bas sur terre (…) »1

Mar Thieriot in in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France, 2018
1Gustave Flaubert in Danse Macabre, Memento mori, p.114, anthologie établie par Florian Balduc, France, 2016.

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Toile: Ange – étude 3 par Mar Thieriot

UN ANGE DORT

Telle une histoire inachevée,
Elle retrouve la trame de sa vie de simple,
De sa vie qui signe
Une gestuelle muette,
Calme et solitaire,
dans la forge.
Elle renoue avec les mots,
Comme l’ange goûte au sel,
Du plus profond ou au plus badin,
Le vent qui va,
Ou qui devient.
L’hiver fut doux et long,
La neige rare.
En enfer, l’ange dort.
Elle écrit un nouveau livre,
Fracassant,
qui les sortira de la forge,
Avec la grâce du temps.
Elle dessine
Un printemps infini,
L’océan apprivoisé.
Plongée dans les vagues de silence.
Telle une histoire interrompue,
ils retrouveront le fil pauvre,
le tracé d’Ariane,
la trame cendrée
D’une vie de paroles accumulées,
Rescapés par un poème.
Emballé dans ses ailes,
Un ange s’éveille,
Dans les enfers
Et boit à la coupe
Du Graal.

Mar Thieriot – Notes pour Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, France. 2018

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Toile:  Ange Raphael par Mar Thieriot

Penelope reprit sa tapisserie,
En silence,
Heureuse,
Lors de sa veillée,
D’avoir pu tout défaire,
Une fois encore.
Ulysse absent,
Elle le devine entre les fils,
Tandis qu’elle tisse les motifs
Interminables,
De ces tapis de mots.
Les volumes s’empilent,
Inédits,
Parfois refusés,
Non traduits,
Pas encore imprimés….
Ulysse voyage dans ce fatras
De pages,
Parfois lors d’un chapitre heureux,
Ils se rejoignent en mer,
Puis elle continue
D’égrainer l’Odyssée
Comme un chapelet.
Il est perdu comme elle,
Naufragé,
Envouté…
Lointain.
Un jour,
Un matin,
Elle déploiera pour lui,
Ses motifs mouillés de larme,
D’un tissage infini,
Puis :
Elle lira,
à hauteur chant,
Ses vers les plus colorés,
Les plus doux,
Les plus fous :
Fausta.
Alors l’océan saura
Qu’il a gagné la rive.
Il y aura du sable,
Du soleil,
Une grande fatigue aussi,
Et comme dans un conte heureux,
Ils disparaitront,
Lors de la dernière pluie.

MarThieriot in Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, 2018, France.

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Toile: Ange par Mar Thieriot

“L’ange sait qu’il faudra pourtant
Qu’elle revienne sur terre
et se relève de sa chute.

L’ échelle est tendue.
A stairway to earth.”

In Mar Thieriot Fausta, la dernière née de la pluie, Amalthée, 2018

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