Sobre marianathieriot

Mariana Thieriot Loisel – Ph.D UNICAMP/SP- Brasil. Área de concentração: Cultura Educação e Sociedade. Pós-doutora em Filosofia Universidade LAVAL/ Canadá. Área de concentração: Filosofia/ Tema de pesquisa: As Mutações Humanas. Mestre em Filosofia da Educação pela Universidade Lyon 2- França. Diploma de Estudos Aprofundados pela Universidade Lyon 2-França. Atuação Profissional: Professora afastada para pesquisa no UNIFIEO de Filosofia Geral, Filosofia da Educação, Ética aplicada. Pesquisadora Mediadora do Núcleo de Estudos e Pesquisa inter e transdisciplinar do UNIFIEO. Coordenou o grupo de pesquisa da Cátedra Transdisciplinar da UNESCO (Itália).Membro do CETRANS – Centro de Educação Transdisciplinar (Brasil). Membro ativo do CIRET – International Center for Transdisciplinarity Research (França).

Étrange ballet – Mar Thieriot

PARCE QUE LES NUAGES SAIGNENT AUSSI

Ce matin,
Le soleil éclabousse
Une eau verte calme,
Comme un canal se creuse un chemin,
Miroitant le ciel de Venise
Une clairière de larmes
Fausta
Simple flaque

UNE ISSUE
Miroitée
Entrevue
La soulage

Une autre aurore saigne
Et se répète
Bégayant sa douleur

Ardentes
Les plaies de sa fatigue
Brûlent ses tempes

Sa difficulté semble inouïe
À épeler des mots ajourés
Et qui durent
Musicaux
Comme le souffle
Brefs
Comme l’éclair
Une berceuse pour le diable
Résidu léger de la vie

Un ange se soulève
Au visage de lion
Aux traits vénitiens
Ils esquissent un sourire.
Au fil de l’eau
Un glissement secret
Hébétés de fatigue
Fiévreux
Ils s’envolent
« La mer n’est pas toujours mugissante ; le ciel
Redevient serein et c’est en affrontant les
Dangers qu’on en triomphe le plus surement » (Godwin in Saint Léon)

Mar Thieriot in Fausta , Ed. Amalthée, France, 2018

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UN ABATTOIR MUSICAL

Étrange ballet
Celui de la mort
Qui vient frôler de ses ailesPoésie française
Leurs serments furieux
Ils frayent
Avec elle
Engagés
Corps à corps
Un combat éperdu
Parfois elle gagne du terrain
Parfois elle recule

Fausta lui dit en riant à demi:
« Nous sommes en croisière
Sur le Titanic
Et il prend l’eau…. »
Le démon répond narquois :
« Nous sommes
Tous passagers du Titanic…
Personne ne survivra à la traversée! »
Lucide
Il ne la rassure pas.
Plus loin
Il introduit Fausta à la fin du chemin
À la lisière des bois absurdes et sombres
Ces bois infernaux
Où les spectres les guettent déjà
Avides de « danses macabres »1
C’est le matin
Le soleil perce la brume
Il fait violement beau à Venise
Un air de printemps
Combien de Printemps
nous restent-ils?
« Ses yeux actifs, inquiets et vigilants, en disaient plus
que des volumes entiers » 2

En « Commandant »
Le démon invective
J’aime l’idée que tu meures debout

Les voilà donc debout
Écoutant la musique

Oublieux
Souriants
Devant l’abattoir

« En tout climat, sous tout soleil, la Mort t’admire
En tes contorsions, risible humanité
Et souvent comme toi se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité » 3

Mar Thieriot in Fausta Amalthée France 2018

Ref.

1 Danse Macabre, Memento mori, anthologie établie par Florian Balduc, France, 2016.
2 Godwin in Saint Léon, p 92, Otrante, France, 2017.

3 Charles Baudelaire, Danse Macabre, Memento mori, p. 150, anthologie établie par Florian Balduc, France, 2016.

Roses et poèmes – Mar Thieriot

Ton premier appel,
C’était un dimanche.
– Une envolée
Par une absence
Elle peuple le poème,
– Un silence entier.
D’une douleur muette
Et partagée.
Je reviens à pas de chat
Vers notre bureau,
En jachère,
Depuis des semaines
Lourdes
de combat intense
Contre le naufrage.
Des semaines
où l’on lit du bout des yeux,
Où l’on ne sait plus guère
les mots justes,
Parce que la souffrance,
Cela brouille tout.
La joie est une contrainte
Que l’on appelle de ses voeux
Sans trop y croire :
Elle force la route pourtant,
Discrète et légère…
Que la joie demeure,
M’appelle,
Me revienne.
Le calme
silencieux de la pièce,
Un stylo qui glisse rapidement
Et me voilà balancée
Dans l’abîme lumineux.
Vers et toile Mar Thieriot – 15-12-2019
droits réservés
Je dis nous
Cela m’est doux
Nous dormons
Nous marchons
Nous vivons
Combien de temps….
Je dirai nous ?
Mar Thieriot
vers et toile 15-12-2019
droits réservés

Voilà les arbres
Fleurissent
Comme en un rêve
Les rosiers
Rivalisent de beauté
Avec l’éclosion
Des Bonsaïs
Marcher sur la toile
D’un dieu peintre
Filmer la rivière
Pour que le bruit coule
Sur ton lit d’hôpital
Tu me dis en souriant
Mes signes vitaux
Sont excellents

Vers et toile Mar Thieriot – droits réservés
15-12-2019

JOYEUX NÖEL | MERRY CHRISTMAS | FELIZ NATAL

Les deux derniers jours, j’ai fait du yoga sans faire du yoga. Le Bhakti Yoga est le yoga du don, du dévouement, il fait partie des nombreuses branches du Shiva Gama Yoga, qui va faire la distinction entre les forces praniques, le travail sur le mental et les forces physiques ; le prana équivaut au souffle, si difficile à définir. Dans ce système, on compte 18 variations de yoga. Il peut être illustré par le sutra 23 de Patanjali (Livre 1 : Ishvara pranidhanad). Ce sutra est développé par Philippe Filliot (dans Le Yoga comme art de soi chez Actes Sud, p. 75), qu’il va traduire non seulement par la notion usuelle de lâcher-prise, mais également de laisser être. Laissez faire le yoga.

En effet, une certaine fatigue plus la nausée malgré une bonne diminution de la douleur ne me poussaient guère vers mon tapis de yoga. Une belle expression citée par Jean-Philippe de Tonnac pourrait venir à mon secours : « la spiritualité de l’impasse ». Parfois, le dévouement consiste à se retirer de l’action, à ne pas intervenir, à simplement laisser être les personnes et les situations telles qu’elles s’offrent à nous, en observant simplement circuler la tendresse, Bhakti.

guirlanda limpa

The last two days I did yoga without doing yoga. Bhakti Yoga is the yoga of giving, dedication, it is one of the many branches of Shivagama Yoga, which will distinguish between pranic forces, mental work and physical forces, prana equals vital energy , so difficult to define. In this system there are 18 variations of yoga. It can be illustrated by the Patanjali- sutra 23 Book 1: Ishvara pranidhanad. This sutra is developed by Philippe Filliot in Acts Sud p.75 that he will translate not only by the usual notion of letting go, but also of letting oneself be.

Indeed a certain tiredness, even nausea despite a good decrease in pain did not push me towards my yoga mat. A beautiful expression quoted by Jean Philippe de Tonnac could come to my rescue: the spirituality of the impasse. Sometimes dedication consists of withdrawing from the action, not intervening, just letting people and situations be as they are available to us, simply observing the flow of tenderness, Bhakti.

guirlanda limpa

JOYEUX NOËL! Que la période des fêtes vous soit douce! 

FELIZ NATAL! Que o período de festas seja sereno, leve e alegre!

OH OH OH!!!

guirlanda limpa

Post opératoire [2018]

“Première neige” Photo Mar Thieriot

Les jours coulent mornes
Tu vis engourdi de fatigue
Endormi la plupart du temps
Tu mélanges les jours
Lentement tu cicatrises
On ne connait pas les résultats de la biopsie
Tant mieux
Cela nous laisse un mois de marge.
Les traces du bistouri sur le torse
Je te lave
Je marche
Je marche
Le vent souffle fort
Il neigera bientôt sur la ville
Recouverte d’un drap d’hôpital
Je flâne dans une librairie
J’ai oublié le salon du livre
Mon Facebook est désactivé
Mes réseaux sont en plan
Je vis au rythme de ton pouls
Il est réglé à soixante
Je te lave
Je me lave
Je marche
Je ne dis rien
Je fuis le monde
Un livre happe mon regard :
La fatigue des fruits
Cela parle de corps malade
Encore
C’est un beau livre
Je te lis un passage
Que tu détestes
Tu te reconnais
Tu détestes
Tu ne veux pas en parler
La neige
Toi
Le vent
La marche
Silence : on survit.

Mar Thieriot – Inédit “Mains dans les mains”

En paix

Takeuchi Seiho, – “Série Fuji”

Ne rien attendre
Ne rien espérer
Ne rien quêter
Serrer les poings plutôt
Nouer les mâchoires
Prononcer les mots
que l’on croyait…
Impossibles
Traverser le miroir
où l’illusion se love
Où le mensonge nous happe
Où le mal nous endort
Ou nous anesthésie
Brancher les fils du rêve
Trancher la tête de la méduse
qui nous pétrifie
Et chevaucher Pégase enfin,
Les ailes de la vie déployées et fières.
Malgré les vents contraires
toucher les doigts frêles et émus
un réel tiède
Présence entière
Qui ne miroite rien
Ne formule pas de promesses
Mais voit l’âme sourire
Paisible
Écrire l’infini.

Mar Thieriot

Ne plus toucher à l’échiquier

Evening beach – Ursula Abresch

Ne plus toucher à l’échiquier
Laisser, telles quelles,
Dans la poussière,
Les pièces reposer.
Sisyphe dort,
Une pierre a dévalé la pente,
s’est noyée dans la mer.

La fatigue s’écoule
Comme une vague,
J’ai déposé ma croix
Au sol fertile.

Une étoile
Rejoint le fond marin…
La vie se fait silence,

Un chant se lève.

Mar Thieriot

Intranquille mêlée de rêves

Huille – Mar Thieriot

Intranquille
Mêlée de rêves
ivre de vide
Telle une survivante
De l’éclair

la pensée aiguisée
vive et tranchante

Les mains
Charriant la lumière
de l’automne
Charriant l’infini

J’offre
sur une lame fine
Les nouvelles
Du Lointain

Impressions de l’automne 2017

Mar Thieriot

Rosé

Rosé

Oil on canvas – Mar Thieriot

ROSÉE
Commencé le 25 mai 2013,

« Pratiquer la voie, c’est parfois laisser tomber l’esprit,
et parfois s’en saisir. On étudie en pensant, et aussi
en ne pensant pas [1]» poursuit Dôgen.

Entre nous,
Ton regard noir
mon silence blanc et calme,
Alternent
sans partis pris
Au gré du vent
D’un échange
qui se répète

L’esprit alerte
Parfois diligent et cendré,
Parfois en jachère
Je m’éveille
À ce souffle second

À la rosée d’un matin

L’or goutte entre mes doigts
Comme un soleil secret
Se confie

Tu prends les doigts, l’or du soleil,
l’échange et le vent.

[1] [1] DÔGEN in Corps et Esprit, la voie du zen, p.24, Paris, Gallimard, 2013.
Mots et image Mar Thieriot