Souvent sur le départ

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Partir,
De proche
Advenir lointaine :
Ce geste de départ,
Conduit
à accepter
Le défi
Le risque d’un saut,
Vers l’imprévisible
Et l’inespéré.
Au détour d’un itinéraire,
Face au douloureux
Dépaysement,
Chacun peut faire l’expérience
Du talent humain
Pour reconstituer
Rapidement
Sa droiture,
Dans un milieu
À priori étrange,
Face à un visage hostile,
Fermé
Ou évasif.
Comme les tortues et les escargots
Je porte l’essentiel avec moi :
Le coeur,
La pensée
Et les pas…
J’ai appris à me reconnaitre
En ceux qui se désignent
« Navigateurs »;
Les passeurs de sens
D’un monde
À l’autre.
Notre seule vraie patrie,
Notre maison.
Consiste en ce « beau danger d’écrire »,
Et la famille choisie entre toutes :
Une poignée de poètes,
De peintres,
D’aviateurs
Pour eux le rêve
Se fait présent
Sur le vent
Où les voiles
Qui nous mènent
Au-delà.
Loin de la limite de l’instant,
Là où la douceur ondule
Comme une vague,
Vraie,
Avec constance.
Texte et Toile – Mar Thieriot Loisel – 01/04/2017

EVES

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Toile: Mar Thieriot

J’oscille sur les contours
D’une Ève sculpturale,
Signé Rodin.
Et soudain….
« Elle connut qu’elle était
– Nue. »
Offertes à la honte,
De la première
À la dernière des femmes…
Squelettes,
Chaires molles, affaissées,
Statues pétries
Dans la peur.
Elles le savent.
Croquées,
Huées,
Composées,
Déconstruites,
Prostituées,
Lapidées,
Excisées,
Adulées…

Sous mon pinceau,
La pierre a gémi
Une plainte sourde,
Rauque,
Éclose de la première
Gorge profanée.

Eves,
De marbre et de sang.
Il n’y aura pas de rachat.
Lignée maudite,
Siècle après siècle….
Continuer d’être,
Simplement,
De marbre et de sang.

Mar Thieriot | Huile sur toile Mar Thieriot

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Oil on canvas: Mar Thieriot

EVES

I shiver the contours
Of a sculptural Eve
Signed Rodin.
And suddenly she knew…
That she was naked.
Offered to shame,
Since the first,
Until the last women…
Skeletons,
Fat, weak,
Statues
Hand made of
Fear.
They know it,
Painted,
Insulted,
Composed,
Deconstructed,
Killed,
Mutilated,

Stoned
I felt under my brush
A screaming statue,
A deep complain,
A broken voice,
Born in the first throat…

Eves,
Made of marble and blood.
Without forgiveness,
Blamed,
Generation after generation,
Century after century….
Simply remain,
Being,
Of marble and blood.

Mar Thieriot | Oil on canvas: Mar Thieriot

Travail de mise en texte par Mar Thieriot de l’expo collectivepour avril Femme entre ciels et terres (articulation philosophique des différents travaux)

Jardim de Palavras

Descente aux enfers,
Chute facile et joyeuse,
Ascension triste et difficile
Vers une oeuvre d’or,
Sur un chemin étroit et escarpé…
Un chemin qui se profile,
Solitaire… Iridescent,

Un jardin suspendu
Est là.

Mar Thieriot

Jardim de Palavras

JARDIN DE PAROLES

Une aube difficile,
Pointe,
Avec sa grâce,
Et sa douleur creuse.

Descente aux enfers,
Chute facile et joyeuse,
Ascension triste et difficile
Vers une oeuvre d’or,
Sur un chemin étroit et escarpé…
Un chemin qui se profile,
Solitaire… Iridescent,

Un jardin suspendu
Est là.

Les émotions demeurent
Les meilleurs guides.

La vérité, m’expulse
D’une zone confortable et gaie
Pour le départ grave et silencieux
Vers une montée irrésistible.

Un départ solitaire et sans partage,
Une « trans- mutation » :

La voix des cendres.

Les paroles fleurissent,
Tandis que le jour se lève,
Lumière amoureuse et nue,
Couleurs au matin.
“Jusque dans la mort”.

Mar Thieriot

Toile
THE GARDEN OF WORDS by Mar Thieriot
25×25 inches


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Faite de silence
De mots parfumés
-De vase, éclore

En nos silences,
Renaître, en secret
– Lumineux poème.

Mar Thieriot
toile “Flowers for you” Mar Thieriot

 

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LE JARDIN SUSPENDU

Les esquisses de fleurs
Alternent vives,
Les couleurs chaudes tournoient,
Irisées et douces,

Les roses flottent,
Sur la toile bleu pâle.

Tu sèmes ma joie diurne
Notre rire éclot facile
Entre les jasmins
Les pétales d’huile et de pigments
Pleuvent…

Les paroles d’un homme,
bruissent…
lors d’un coup de pinceau.

Mar Thieriot

Toile: “Jardin suspendu” – Mar Thieriot  50×50 cm

 

Le Graal est l’écart
entre l’homme et son oeuvre.

O Graal é a distancia
entre um homem e sua obra

The Graal is the distance
between a man and his creation

Mar Thieriot

toile Palette Mar Thieriot

LE VIDE AU COEUR

Je ne sais pas ce qui m’a pris :
D’où est venue la force,
La poigne,
De déverser le noir sur ma palette,
D’effacer un Graal
Et peindre un vide au coeur.

Il y a des coupes trompeuses,
Des trouvailles de pacotilles,
Des paroles enjôleuses.
Et le Graal se tait,
Imprenable.

Il vit en moi comme un songe,
Une béance,
Une soif inassouvie,
Un vase oublié
Un sang regretté et perdu
La nuit,
L’été.

Le Graal est l’écart
Entre l’homme et son oeuvre.

Mar Thieriot
toile Orage Mar Thieriot
Tous droits réservés

A SENDA DIAMANTINA

Uma aurora difícil
irrompe,
Tecida de dor
E graça.

Descida aos infernos,
Deslize alegre e fácil,
Ascensão sôfrega e triste
Labuta do ouro
Sobre a senda estreita e íngreme,
Caminho que se abre,
Diamantino e solitário.

As emoções sempre
São nossos melhores guias

A verdade expulsa-me
De uma zona confortável
Para o adeus grave e silencioso
Que conduz a inevitável
Montanha.

Ida solitária
Uma trans-mutaçao:
Falar a voz de cinzas
Neblina que se espalha,
Ao amanhecer

Luz nua e amorosa
Suave, ao iniciar o dia.

Mar Thieriot Poema e tela

 

Faite de silence
De mots parfumés
-De vase, éclore

En nos silences,
Renaître, en secret
– Lumineux poème.

Mar Thieriot
Toile: “Bouquet” 25×25 inches Mar Thieriot

Labyrinthe de Larmes – Poème de Mariana Thieriot Loisel

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Matin de larmes au soleil,

la tête endolorie, confuse, épuisée par les échos

des balles, des bombes, des morts dans la boue, des affamés,

de ton ivresse vaine, de la chute d’Icare qui se perpétue,

de ses ailes accidentées qui traversent des siècles de déroute.

Matin de larmes au seuil de la porte,

devant un Minotaure inamovible,

La tête prise de vertige sur le dessin de Chartres,

Je me souviens d’embrassades et de silence,

les sanglots tordent un corps insomniaque,

Affolé d’être sans être:

Sur le départ à l’arrivée,

Matin confus et sombre,

le songe d’une paire d’ailes au coeur du vide,

échos des morts qui se multiplient

L’envol soudain, la mémoire du sanglot d’Icare,

Hors du Labyrinthe,

Le sourire de Chartres.

SEUL LE SILENCE GUÉRIT – le jaune et le noir 62

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Huile sur toile Mariana Thieriot Loisel

«Le silence guérit»[1],me souffle un moine, Bénédictin.

Pourquoi? Et à quel silence se réfère-t-il ?

Peut-être au silence, après le chant; qui s’ouvre sur l’écoute de tout ce qui nous tellement blessé,
soleil rivés à terre…
et qui autorise une réflexion et un dialogue sur les vraies causes de ces blessures…
Sur le ressentiment d’avoir été l’objet d’une jalousie sourde?
Sur la frayeur de tant de cruauté?
Sur l’humiliation d’un harcèlement?

Peut-être encore,
songe-t-il au silence qui installe la tranquillité autour de nous
et rend la détente et le repos enfin possible…
Peut-être parce que le silence exprime une profondeur
que les mots semblent impuissants à atteindre.

Peut-être, encore, parce qu’il constitue une porte vers notre vie intérieure et
qu’à partir d’elle nous nous comprendrons mieux?

«L’amour a besoin de temps». [2]

« Ce qui est dit en métaphysique, vaut à la fois pour le monde
et pour le coeur.
Toute méditation métaphysique est une méditation « intersectrice »,
Une méditation sur l’orée, frontalière… »[3]
Et sur les pentes, parfois abruptes, de la poésie,
C’est dans le silence,entre les vers,
que nous brillons.

[1] GRÜN, Anselm in L’Art de vivre en harmonie, p.146, Ed. Albin Michel,France, 2004.
[2] Ibidem, p.197.

SOUVENT SUR LE DÉPART – LE JAUNE ET LE NOIR 61

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29 septembre 2014, 16:49
Partir, de proche devenir lointaine :

« Un geste porte avec lui sa force »[1]

Cela m’a enseigné à accepter le défi et le risque d’un saut,
vers l’imprévisible et l’inespéré.

Au détour d’un itinéraire, face au dépaysement absolu,
chacun peut faire l’expérience du talent humain
pour reconstituer rapidement sa droiture,
dans un milieu à priori étrange,
face à un visage hostile ou trompeur.

Comme les tortues et les escargots je porte l’essentiel avec moi :
le coeur, la pensée et les gestes… sans omettre une bonne paire de lunettes.

J’ai appris à me reconnaitre dans ceux qui se désignent comme
les« navigateurs »;
les passeurs de sens d’un monde à l’autre.
Notre seule vraie patrie, notre « axe »[2] consiste en le « beau danger d’écrire »[3],
et ma famille choisie entre toutes : une poignée de poètes, de peintres et de marins.

Pour eux le rêve se fait présent sur les voiles qui nous mènent au-delà de la limite de l’instant,
là où la douceur ondule comme une vague de vrai,
avec constance.

[1] A. Artaud In in Le théâtre et son doublehttp://enseignerpartager.free.fr/documents/certification/lectureartaud.pdf

[2] D’Algange L.O. in L’ombre de Venise Ed. Alexipharmaque, 2007.
[3] Foucault Michel in Le beau danger Ed. EHESS 2007

Le Pèlerin

Motif 6  - huile sur toile de Mariana Thieriot Loisel |  Photo: Patrick Loisel

Motif 6 – Huile sur toile de Mariana Thieriot-Loisel | Photo: Patrick Loisel

Une poignée de fleurs généreuses en bandoulière,
Il se tient sur le seuil
Comme une promesse d’aube.
Le jour se lève avec sa marche :
Il est éclaircie.
Le Sens lui file  entre les doigts
Comme du sable très fin.
C’est le silence qui le porte.
Secret, il enlace le  monde
Bleui sous ses paupières sages,
D’un regard souriant.
Ses pas doux et droits mènent
À nulle part.
Au début, comme à la fin :
Il est chemin.

Mariana Thieriot – Loisel