Poesie | Poetry | Poesia – Mar Thieriot

Un hiver lumineux

WINTER’S  GLOOM / UN HIVER LUMINEUX

Nous traversons un hiver lumineux
L’alchimie de la nature
Gravée au pinceau
Fixée sur papier glacé
Le givre fait parler notre lumière
Écouter en soi
La blancheur du temps qu’il fait
Retrouver
La pureté des commencements
L’alchimie de ton humanité
Gravée au pinceau
Couchée sur papier
Tu transmutes
Je le sais.

 

WINTER’S GLOOM

WINTER’S GLOOM
We share this winter’s gloom
Alchemy of nature arises
On our paint brushes
On our snap shots
The ice speaks
in a dazzling light
To listen in us
The white silence of the snow
And find out
A beginner’s mind
The alchemy of your humanity
Painted in a field
Beauty captured in one shot
Your transmutation time
I can see it.

Mar Thieriot In Secret Garden Inédit Janvier 2018

 

L’APPEL DU VENT

Résiste à la houle.
Au pli profond de l’être,
Au creux de sa cicatrice,
Ou au méandres d’une ride,
Le souci tisse sa conscience.

Tout semble licite,
Dans le recours à la poésie :
L’indécente vérité
Et les fiers mensonges…
La cible est l’écriture.
L’ire d’Homère,
Les noms de chimère de Pessoa,
La rime étranglée,
La prose déconstruite,
Les longs sanglots de Hugo.

Ce qui luit dans l’ombre
comme une braise,
Dangereuse et ardente,
Par delà les catégories morales,
Est agité par le vent.

Le souffle du Graal
qui secoue les mots,
Les mots de lumière
Ou tes mots de brouillard,
Pleuvent.

Une plume
qui ose une saignée de vie…
Le vide brille de mille feux,
Un dessin fourmille
au bout de mes doigts,
Le ressac dans tes yeux,
Parler,
tout dire et se taire même,
Pour continuer de vivre

O CHAMADO DO VENTO

Resista a esta tempestade.
Na dobra profunda do ser,
Na marca de uma cicatriz,
Ou de uma ruga funda,
A consciência tece o cuidado.

Tudo parece lícito
No mundo da poesia,
As verdades indecentes
E as mentiras orgulhosas…
O alvo é a palavra.
A ira de Homero,
Os heterônimos de Pessoa,
A rima desfeita,
A desconstruída prosa,
Hugo em prantos pela morte da filha
O que luz : brasa, nas sombras,
Taça perigosa e ardente,
Além das categorias morais,
Apenas o vento sabe.

O sopro que encanta o dizer,
Versos de luz,
Ou suas frases vindas da névoa,
E que aqui trovejam.

A vida sangra na página em branco
O nada luz
de todos seus fogos.
Um desenho formiga em meus dedos,
A ressaca em teu olhar,
Falar, se entregar e até calar-se
Para seguir vivendo a poesia
Do Graal.

Mar Thieriot In Cinzas e ouro De Cendres et d’or, Amalthée, France 201My blue hands

MY BLUE HANDS

Bring news
From a distant evening
Bring the infinite
Bring a sun
Bring flowers
From a secret garden
all is forgiven
Les mains bleues
Charriant la lumière
Charriant l’infini
Les mains
offrent
Les nouvelles
Du lointain
Où tout est pardonné

Oil on canvas and verses Mar Thieriot

Returning from a dream
Empty
Enlightened
My blue hands
Bring news
From a distant evening
When all is forgiven
Vous trouver là
Engourdie de rêves
Hébétée de vide
Telle une survivante
De l’éclair
Tout est pardonné
Mar Thieriot

Behind the curtains
A silent dawn arises
I feel so alive
I smile at you

To paint
So far so lost
Wind blows
In my life

Just a black coffee
Before starting an open day

Find you there
Returning from a dream
Empty
Enlightened
My blue hands
Bring news
From a distant evening
Bring the infinite
Bring a sun
Bring flowers
From a secret garden
When all is forgiven

J’entrevois par les stores
L’aube en silence
Un silence souriant
Un silence vivant

Peindre
À l’abri de tout
Égarée
Fille
Du vent

Un café noir encore
Avant de se déplier
Et aller vers
L’ouvert

Vous trouver là
Engourdie de rêves
Hébétée de vide
Telle une survivante
De l’éclair

Les mains bleues
Charriant la lumière
Charriant l’infini

Les mains
offrent
Les nouvelles
Du lointain
Tout est pardonné

Mar Thieriot in Jardins Secrets inédit, droits réservés
Oil on Canvas Mar Thieriot

Behind the curtains
A silent dawn arises
I feel so alive
I smile at you
To paint
So far so lost
Wind blows
In my life
Just a black coffee
Before starting an open day
Find you there
Returning from a dream
Empty
Enlightened
My blue hands
Bring news
From a distant evening
Bring the infinite
Bring a sun
Bring flowers
From a secret garden
When all is forgiven
Mar Thieriot
J’entrevois par les stores
L’aube en silence
Un silence souriant
Un silence vivant
Peindre
À l’abri de tout
Égarée
Fille
Du vent
Un café noir encore
Avant de se déplier
Et aller vers
L’ouvert
Vous trouver là
Engourdie de rêves
Hébétée de vide
Telle une survivante
De l’éclair
Les mains bleues
Charriant la lumière
Charriant l’infini
Les mains
offrent
Les nouvelles
Du lointain
Tout est pardonné

Mar Thieriot in Jardins Secrets inédit, droits réservés
Oil on Canvas Mar Thieriot

Photo – Mar Thieriot “Hiver Montreal” – Janvier 2018

LE RETRAIT SUAVE

L’hiver s’achève suave
Il se retire en catimini
comme un danseur agile
sur la pointe de ses pieds feutrés et blancs
Redoux et chutes de neige alternent
Les couches successives fondent par paliers
entre eau et glace,
Une lueur nouvelle
Comme une apparition.

Cet hiver qui s’en va discret
m’a conté sur le pas de la porte
le sens pour l’homme et pour la femme
de goûter ensemble au silence

Lorsque tout semble inerte et glacé autour de soi
l’écoute attentive de leur souffle
Leur permet de trouver ensemble le rythme de la marche
Et la patience d’attendre que la vie remonte à la surface des choses

« Si vous pouvez apprendre à vivre dans ce calme de l’être intérieur,
Vous aurez trouvé votre base stable. » [4]
L’air moins vif, dehors, je le vois bien, nous respirons mieux.

in Mar Thieriot in Le sens qui luit en hiver, 2015, Amalthée, France

[4 ]– Sri Aurobindo opus cit p.20

Podcasts de poésie

Poesies et Toiles de Mar Thieriot 

Voix de Claudia Carlisky – recoursaupoeme.fr

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DE CENDRES ET D’OR

 

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APNEE

 

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UN MANTEAU VENU DU CREPUSCULE

 

SAINT LÉON

quadro Mariana

Toile: Mar Thieriot

Elle  vous a lu William Godwin d’un trait
D’abord au bord des larmes
Au bord de l’abyme
À hauteur d’orages
Puis pleurant  de fatigue
Les pieds et les mains
Dans cette glaise étrange
Que l’on nomme roman
Que l’on saisit poème épique
Qui crie le vent
La lumière

L’eau
L’or
Et les cendres
L’alchimie
Dont nous  voilà faits
Elle  vous a lu comme l’on entend
Claquer les portes d’une geôle,
Puis d’une autre encore
Qui oui
Se rouvriront avec force et bruit!
Après l’enfer de la question
Les années cloué aux murs
Les buchers pour seule récompense de la sagesse
L’humaine et humble sagesse
Elle  vous a lu relu
Les espaces nets
Les voyelles détachées
Un style de désastre
La réparation presque impossible
La mort prévisible
La douleur épouvantable
À peine dicible en son absurdité
La cruauté des superstitions
Les faiblesses apparentes  de la raison
L’étrange résurrection
La bonté revenue
D’un homme si rare

Elle a lu la foudre l’incendie l’ouragan
Et la douceur d’une infante frêle et puissante
Oui
Un  matin
Une réponse coulera
Une pierre philosophale entre les doigts tremblants
Après coup
Comme la beauté
Comme la vérité

En silence elle observe la lumière danser
À travers les vitraux du monastère
Une harpe joue un air suave
Son corps endolori et présent
Chante  un psaume  ancien
Pour la grâce reçue
De votre fable initiatique

Mar Thieriot

ADRIADITIQUE – IMPRESSIONS HEUREUSES DE VENISE

ADRIATIQUE – 22072017 – 16×12 Pouces Mar Thieriot

QUITTER VENISE
Quitter Venise,
comme l’on se sépare
de son sang,
de sa mémoire
qui sillonne les pavés de la ville.
Pleurer de quitter
celle qui ne me lâchera plus
Au-delà des rêves survoltés et fiévreux.
Venise,
Si désespérément belle,
Lointaine,
Imprenable,
Inaccessible aux vers,
trahie dans les toiles,
les histoires…
Venise,
Plus proche qu’une famille,
Venise
Lionne rugissante
que l’on désire ardemment
Plus puissante que les vagues
qui te blessent,
Citta
D’où l’on ne part jamais
complètement
car les veines des canaux
se battent
dans nos pouls.
© tous droits réservés

 

 

LA VIEILLE DAME ET LA MORT

 
La mort rôde depuis hier
Plus palpable
Autour des mots épuisés
De n’être compris

La mort cavale
Un cheval en feu dans les prés
De mes rêves

Je la vois sourde
Nuit percée à jour

Et je rends au silence épais
Mon fardeau lucide.

Je ne puis rien vous dire
De plus
Si ce n’est que je la connais bien,
Dame la mort.

La muse des enfants dans les décharges de la grande ville.
De La prostituée passée à tabac,
Des agonisants,
Des fous,
Des écrivains,
Des peintres,
Des musiciens,

Le repos.

La mort rôde depuis vous,
Plus aiguisée
Qu’une lame de chirurgien,
Qui délivre une vie
De sa douleur.
Je l’attends toute droite.

C’est une main
Un coup fatal
Imparable
Un dernier ring.

Elle me survivra.

Mar Thieriot

in Née de la dernière pluie inédit
Huile sur toile Mar Thieriot