Intranquille mêlée de rêves

Huille – Mar Thieriot

Intranquille
Mêlée de rêves
ivre de vide
Telle une survivante
De l’éclair

la pensée aiguisée
vive et tranchante

Les mains
Charriant la lumière
de l’automne
Charriant l’infini

J’offre
sur une lame fine
Les nouvelles
Du Lointain

Impressions de l’automne 2017

Mar Thieriot

Rosé

Rosé

Oil on canvas – Mar Thieriot

ROSÉE
Commencé le 25 mai 2013,

« Pratiquer la voie, c’est parfois laisser tomber l’esprit,
et parfois s’en saisir. On étudie en pensant, et aussi
en ne pensant pas [1]» poursuit Dôgen.

Entre nous,
Ton regard noir
mon silence blanc et calme,
Alternent
sans partis pris
Au gré du vent
D’un échange
qui se répète

L’esprit alerte
Parfois diligent et cendré,
Parfois en jachère
Je m’éveille
À ce souffle second

À la rosée d’un matin

L’or goutte entre mes doigts
Comme un soleil secret
Se confie

Tu prends les doigts, l’or du soleil,
l’échange et le vent.

[1] [1] DÔGEN in Corps et Esprit, la voie du zen, p.24, Paris, Gallimard, 2013.
Mots et image Mar Thieriot

Couleur de bout de la nuit

 

 

Couleur de bout de la nuit
Les vagues de souffrance
envolées
La lumière basse
Adoucit nos jour

Il se lève
Pour nous,
Une nuit étoilée

Calme
Claire
Avant de sombrer
dans un sommeil
Peuplé de tous les songes

Lentement tu ouvres
Mes yeux myopes
sur le soleil noir
D’un automne irréversible.

Mar Thieriot in “Née de la dernière pluie” – Inédit

Myopie

Photo – Patrick Loisel

 

Tombée du soir automnale
Peuplé d’ombres
Parfumées et brûlantes

La vie coule
Force fragile
De tes mains ridées
De mes yeux cernés
De gris et de myopie
De nos yeux d’eau
Pour boire en enfer
De tes griffes d’aigle
Blessé
De ton sommeil indifférent
À ton entourage

Un voile se lève
Sur une nuit profonde
Où luisent lointaines
Les étoiles silencieuses
Un scalpel tranche la chair
De nos mémoires
Le cœur se bat
Pouce à pouce
Pour tenir
Une aube encore

Mar Thieriot

Brancher les fils du rêve

brancher les fils

“Homme qui chavire”, 1950 – Alberto Giacometti, [1901 – 1966]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brancher les fils du rêve
Trancher la tête de Méduse
qui les pétrifierai
Et chevaucher Pégase enfin

Les ailes de l’imaginaire
déployées et fières

Se battre pour un sort meilleur
Malgré les vents contraires
– Puis
CHAVIRER
Danser
La vie.

Mar Thieriot