Histoire sans titre #9*

HST99

Tempo fechado

Certas palavras
Não podem mais
serem ditas
Quando esgotada
A confiança
Abandona

O silêncio
Ocupa
o lugar do poema
Todas as cicatrizes
Não fecham
Da mesma forma

O tempo não
Nos salva de nada
O belo perigo
É escrever
Pois o risco
Do fracasso ameaça
Sempre

A amizade acaba
Ao amanhecer
Tempo fechado

Uma chama rara
Ilumina
O impasse
A traição
Esperada
Previsível

E em quanto
tudo desmorona
A dignidade
Continua
A pesca do dia

Mar Thieriot


closing time

Some words
Cannot be said
Any more
When trust
Leave us
defeated

Silence
Replace poetry
All wounds
Don’t heal
At the same pace

Time can’t save us
From nothing
Writing still
A beautiful danger
Failure is always at risk

A friendship
Breaks at dawn
Closing Time

A flame
Rare
Enlightens
The mistrust
The expected lies
The predictable lies

And while everything
Falls apart
Dignity
Remains
The catch of the day

Mar Thieriot


Temps de fermeture

Il y a des mots
Qui ne viennent plus
Lorsque la confiance
Épuisée
Déserte

Le silence prend place
Toutes les plaies
Ne cicatrisent pas
De la même façon

Le temps
Ne nous sauve de rien
Le « beau danger d’écrire »
Car l’échec du poème
reste le risque à courir

L’amitié se brise
Un matin
Temps de fermeture

Une flamme
Rare
Éclaire
Une impasse
Une trahison
Prévisible
Attendue

Tandis que tout s’effondre
La dignité
Demeure
Le plat du jour

Mar Thieriot Février 2019 Inédit
Vers et toile Mar Thieriot

Histoire sans titre – Ciel liquide

ciel liquide

Une pluie verte tombe drue
Sur vos photos
Les arbres ruissellent
Les oiseaux de retour
Déjà
Égayent les ciels
Avides de lumière
Les bruits ailés
Les chants dans les branches

L’odeur de terre humide
Venue de si loin
M’inonde,
Me rassure

Nous sommes
Au rendez vous
Nous sommes
Tièdes et vivants

Tels les magnolias suaves
Tels Les vieux chênes
Tels Les nuages fugaces
Tels Les pierres inamovibles

Seule compte
la présence qui s’écrit
Parchemin sacré
Belle peau de nacre
Où les saisons
Creusent leurs rides

Aller
Jusqu’au bout
De cet affolant
et mysterieux
Voyage.

Mar Thieriot Février 2019
Oil and verses Mar Thieriot

Histoire sans titre #9

HST9

Nuit difficile
Saccadée
Nous avons tenté la joie
Comme on surnage à la houle

Chemin vers l’hôpital
Ce matin blanc d’hiver
Tu as perdu le compte
De nos Saint Valentin
Ce prétexte à célébrer
Une vie
Un amour
Un verre de bon vin

Nuit blanche
Comme les murs
Calmes et silencieux
Là-bas dans cette clinique
Où ils apaiseront
Tes douleurs

Nuit claire
Comme la lune
Insiste
Sa lumière douce
Belle blanche

Lever de poème

Mar Thieriot Février 2019

Histoire sans titre #8

HST8Oui les

hommes sont heureux

dans la rencontre des âmes
des coeurs
des corps
dans le dialogue
où le regard signe la franchise
Mais Ils ne le disent pas souvent

Souvent c’est un secret de loups
qui courent unis dans la forêt
une joie silencieuse
bûcher allumé au coeur de la nuit

Un sanglot soulagé et ému
qui réconcilie avec le monde
un pacte de meute

Les hommes sont heureux debout
verticaux
dans la beauté sourde
de leur nudité

Apaise toi

– parfois les hommes sont heureux

Mar Thieriot ( vers et photo) Inédit droits réservés

Histoire sans titre #6

HST6

Réveil léger
Une nuit de sommeil
Profond et paisible
Engourdie de rêves
Le café
Le réel
Les livres à emballer

Dehors la neige
Le givre
Dehors l’hiver
Attendent mon courage

Inondée de silence
La pièce
Espère la lumière
Espère le jour
Remis à neuf

Je retiens le dire
Pour prolonger encore
Juste un peu
Le calme du vide
Avant
Le heurt
Des mots

Mar Thieriot 7 Février 2019

Huile sur toile Mar Thieriot

Histoire sans titre #5

PST5

Page vierge
Point de non-retour
Les dés au hasard
Jetés

Calme
Dans l’œil du typhon
Résolue
Verticale
Alors que les vents
Du changement
Soufflent fort

S’accueillir
Se déposer
Laisser la bascule
Se faire
En douce
L’aile pointe

À l’aube
La respiration
Scande
L’instant
Du poème

Mar Thieriot 6 Février 2019 inédit
Huile sur toile Mar Thieriot

Histoire sans titre #4

HST4

Une pointe de mal au dos
Déménager
Défaire
Une bibliothèque naissante
Porter les livres
Comme on porte une mémoire
Pour se souvenir de Godwin
Se souvenir de Byron
De Nietzsche, d’Éluard
Des Thérèse
Des Mandarins
De Rimbaud et de Mallarmé
Porter les livres
Comme on porte ses morts
Son passé
L’aube encore
Et tant de papiers à trier
Les mots que L’on garde
Ceux que l’on jette
Il va me falloir trois camions
Je voudrai me noyer dans les mots
Plutôt que de les perdre

Mar Thieriot

Poème Tableau Mar Thieriot